Le succès du fermier urbain

Petit retour sur l’application qui réunit 82,7 millions d’utilisateurs actifs, j’ai nommé Farmville. Editée en juin 2009 par la société américaine Zynga, elle place le joueur dans la peau d’un fermier virtuel. Celui-ci pourra ainsi développer son exploitation tout en évitant les odeurs de fumier et la terre sous les ongles. Les concepteurs ont eu la « main verte », Zynga (qui a aussi lancé Mafia Wars et Treasure Isle) est aujourd’hui valorisé à 3,11 milliards d’euros. Comment expliquer le succès d’un jeu qui repose sur une profession si dévalorisée de nos jours ? Tout est ici affaire de paradoxe, le titre à lui tout seul est un oxymore, les internautes gèrent un aspect important de la vie dans nos sociétés modernes fortement urbanisées : l’approvisionnement en nourriture… mais sans avoir à supporter les contraintes qui pèsent réellement sur les producteurs (travail laborieux, pression des centrales d’achats, baisse des prix, lourds investissements…). Ils organisent ainsi une production locale vendue sur des marchés traditionnels loin de l’agrobusiness. Une manière, peut être inconsciente, de remettre en cause ce modèle. En tout cas pour Zynga, l’expression physiocratique « la terre est la première et unique source de toutes les richesses » prend tout son sens.

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