Exception française : frilosité ou art du logos

Depuis le début de l’année, les études sur  la consommation, les habitudes et l’intégration numériques fleurissent. Et, il faut bien l’avouer, les résultats pour la France, sont dans l’ensemble assez mitigés. Pour prendre trois exemples rapides, l’enquête de l’UE portant sur cinq aspects de la vie numérique place la France dans le ventre mou du classement, en deçà de la moyenne,

(partie tronquée : faire des achats, etc)

(partie tronquée : faire des achats, etc)

et celle de Randstad concernant la recherche d’emploi en ligne indique que les Français se situent à la traîne dans ce domaine (retrouvez-la en intégralité ici). Enfin, en ce qui concerne les réseaux sociaux, seuls 46 % des internautes français les utilisent, soit le taux le plus faible de tous les pays de l’UE où la moyenne atteint 58 %.

What’s up doc ? L’explication souvent avancée comprend un mélange de méfiance et de frilosité. On présente les Français comme réticents à tout changement, ancrés dans leurs habitudes et ayant une certaine défiance à l’encontre des nouvelles technologies. De plus, face aux inquiétudes liées à la divulgation d’informations privées, ils adopteraient un comportement proche de celui de la tortue se rétractant dans sa carapace. Pourtant, loin d’une réaction épidermique et nerveuse on retrouve plutôt une résistance d’ordre culturel. Selon le sociologue Patrice Duchemin, «nous avons, en France, une tradition du contact et de l’échange oral. Nous disposons par ailleurs d’un système lexical riche, difficile à réduire sur les réseaux sociaux. Enfin, nous magnons le second degré et il est compliqué de le transmettre sur les réseaux sociaux». Comparativement aux Allemands qui rejettent les méthodes intrusives des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), on peut observer chez nous une certaine idée de la communication et du language, qui se détériorerait avec une utilisation intensive des réseaux sociaux. Bien sacré, sa distortion ou sa simplification à l’extrême serait plutôt contraire à un certain « esprit Internet » originel qui consacrait le partage de connaissances et le désir d’un élargissement du champ d’action personnel.

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