Twitter n’est plus l’oiseau rare

Nous avions parlé il y a quelque temps d’un ralentissement de l’engagement sur certaines plates-formes digitales (voir l’article : Une consommation digitale au ralenti). Et voilà que le petit oiseau bleu est confronté à une première pierre d’achoppement dans son ascension irrésistible : la forte stagnation de la croissance du nombre de ses utilisateurs. A l’occasion de la publication de ses résultats du deuxième trimestre mardi 28 juillet, Twitter a publié le chiffre qui tue, seulement 2,6% de nouvelles inscriptions par rapport au premier trimestre. La sanction des marchés fut immédiate, le titre a vu son cours de bourse baissé fortement.

Pourquoi une telle Bérézina alors même que les autres chiffres présentés, le chiffre d’affaires en particulier, sont plutôt flatteurs ? Oui cela prouve que la monétisation du site est en progression (même si sa part de marché pour la publicité en ligne n’atteint que 0,87 %, contre 7,93 % pour Facebook et 31 % pour Google, le leader du secteur), mais ce que les investisseurs attendaient avant tout c’était la capacité de Twitter à gagner de nouveaux utilisateurs, symbôle premier et décisif de la santé d’un réseau social. Online ou non, les médias n’échappent pas à la règle d’or : audience en hausse = prix de la publicité en hausse, et c’est bien cette équation que la Bourse a rappelé à Twitter. De plus, élargir sa base d’utilisateurs veut aussi dire toucher de nouveaux annonceurs attirés par la possibilité de viser une population précise et de segmenter leurs campagnes.

Deux défis attendent donc le petit oiseau bleu dans les prochains mois, d’une part, recréer du lien avec ses premiers amours, c’est à dire redevenir un réseau social convivial alors même qu’il est aujourd’hui utilisé principalement par des stars, des politiques, des communicants ou des journalistes, chacun se tirant dans les pattes formant ainsi une boucle quasi fermée. D’autre part, ils devront aussi simplifier et peut être même bouleverser le système d’utilisation parfois brouillon et déconcertant pour le grand public : « Nous n’avons touché que les précurseurs et ceux qui s’enthousiasment pour les technologies », a confessé Anthony Noto, le directeur financier de Twitter. « Le produit reste trop difficile à utiliser, et le grand nombre ne comprend pas bien comment se servir du réseau ni quelle valeur il peut apporter », a-t-il expliqué.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s